ASLA 44

Lycéens en colère, violences et avenir : comprendre sans excuser

Lycées de Bourdonnières ( Nantes Sud) en proie à des casseurs le Jeudi 8 Octobre

Les jeunes lycéennes et lycéens dans notre quartier manifestent pour leur avenir et pour obtenir de meilleures conditions d’étude dans les deux lycées du quartier. Certes, nos établissements offrent des conditions que d’autres, dans certaines régions de France, pourraient nous envier. Mais rien n’est parfait et des améliorations restent possibles. Il est légitime que les élèves les réclament et interpellent les décideurs.

Rien, en revanche, ne saurait justifier les tirs de mortiers et de cocktails Molotov contre les bâtiments, et encore moins les violences visant les enseignants, le proviseur et les personnels d’encadrement.

Nous ne sommes plus dans les formes de contestation symboliques que l’on a pu connaître : déplacer des poubelles du quartier pour bloquer une entrée ou inscrire des slogans réclamant davantage de moyens. Ce que rapporte la presse est sidérant. Alors que la manifestation se déroulait pacifiquement, une soixantaine de casseurs auraient été présents, prêts à en découdre avec le lycée et les forces de l’ordre. Les lycéens eux-mêmes sont choqués par ces violences qui ne correspondent en rien à leurs revendications.

Pourquoi s’en prendre à un lieu de formation et de travail ? Pourquoi prendre pour cibles ceux dont la mission est d’accompagner les jeunes dans leur parcours ?

Le lycée n’est pas un simple bâtiment. C’est un lieu de transmission des savoirs et des savoir-faire, où l’on acquiert les moyens de construire sa liberté, de trouver sa place dans la société et de se mettre au service des autres. La connaissance est un levier d’émancipation qui permet de mieux comprendre le monde et de gagner en autonomie.

Condamner ces violences est indispensable. Mais cela ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre ce qui pousse certains jeunes à choisir la destruction plutôt que le dialogue. Leur parcours, leur environnement ou une éventuelle rupture avec l’école peuvent-ils éclairer ces comportements ? Certains se sont-ils sentis exclus, déçus ou privés de perspectives ? Ce ne sont que des hypothèses, qui méritent d’être examinées sans prétendre connaître les motivations de chacun.

Il est rassurant de voir des lycéens se mobiliser pacifiquement pour leur avenir et demander à étudier dans de meilleures conditions. Il est désolant, à l’inverse, de voir des groupes violents s’en prendre à des bâtiments et à des personnels sans défense. Ces actes risquent de discréditer des revendications pourtant parfaitement légitimes.

Une question demeure : à qui profite ce chaos ? Comment quelques individus peuvent-ils imposer une telle violence et détourner l’attention des demandes exprimées pacifiquement ?

Peut-être faut-il s’interroger sur le rapport que ces jeunes entretiennent avec leur propre avenir. Certains réclament les moyens de réussir ; d’autres détruisent les outils de formation, faute d’y trouver leur place ou parce qu’ils n’ont jamais eu le sentiment de pouvoir en bénéficier pleinement. Cela ne justifie rien, mais invite à réfléchir aux réponses que notre société peut apporter.

Défendre les revendications des lycéens, condamner les violences et chercher à en comprendre les causes ne sont pas des démarches contradictoires. Elles sont indissociables si nous voulons que nos établissements restent des lieux de savoir, d’émancipation et de construction de l’avenir.
Aucune violence, quelle que soit son origine, ne saurait être justifiée..
Christian André , Président de l'ASLA 44

Lycéens en colère, violences et avenir : comprendre sans excuser
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